15h10, petite récrée surprise, cela lui fait plaisir. Elle en avait marre d'être assise, de regarder le ciel bleu de sa chaise d'étudiante. Elle pousse la porte, aspire une première bouffée d'air, un vent froid mais agréable lui fouette le visage. Elle marque un temps d'arrêt, elle réfléchi. On lui a demandé d'observer, cette idée lui plaît. Tous les jours elle fait les mêmes chemins, avec les mêmes gestes, tout est mécanique, ses yeux sont ouverts mais elle ne regarde plus. Elle s'est remise en route, indécise, elle ne sait quel chemin prendre. Du haut des escaliers, elle voit s'étendre des toits a perte de vue... Mais ou est passé la verdure?! Un arbre a sa droite, des mauvaises herbes à ses pied, qui, tant bien que mal, luttent contre les pavés qui leurs ont piqué leur place, sans rien demander. La Terre et sa nature ne sont plus leur propre propriétaire, l'homme a marqué son territoire, trop marqué son territoire se dit-elle... Lentement, elle descend, son expérience lui dit de prendre garde à chaque pas, pour ne pas tomber dans ces escaliers au combien dangereux! Arrivée en bas, elle aperçoit une poubelle qui ne demande qu'a être vidée, elle crache ses déchets tellement elle en a assez. D'un pas mal assuré, elle se risque vers le Collège. Elle tend l'oreille, vrombissement de moteur, une voiture passe, toute vitre baissée, music a fond. Du rap... Quel horreur, elle déteste le rap! Elle crève d'envie de lui gueuler de couper sa music mais avant qu'elle n'aie pu émettre un son, la sonnerie de l'école retentit. Il ne lui reste plus que quelque seconde avant que le flot des élèves ne la piétine. Ça y est, tous les jeunes dévalent la rue, se bousculent, crient, s'insultent. Elle les trouve violents... Elle continue sa route, accompagnée de son amie [Marina]. Elle est tout à coup déconcentrée lorsque celle-ci manque, de peu, de se prendre une gamelle monumentale! Eclat de rire. Le quantième de la journée? Elle ne sait plus, elle n'a jamais assez de doigts pour tous les compter. Que ferait-elle sans le rire? Elle lève la tête, son regard se pose sur l'imposant collège. A chaque fois, c'est pareil. Violent pincement au c½ur, irrésistible envie de courir, de serrer ses amis dans ses bras... Car oui, elle l'avoue, ils lui manquent, toujours. [GridOu & Mo,...]Elle regarde sa montre, il est temps de prendre le chemin inverse. Retrouver sa classe, tous ces visages que, depuis septembre, elle apprend à apprivoiser, à connaître, à apprécier.